Refaire le monde ou Pratiquer la philosophie ?

Voici un titre (Refaire le monde ou Pratiquer la philosophie ?) qui oppose deux modes d’action :

1)      agir sur le monde (le faire ou le refaire) et,

2)      pratiquer la philosophie (questionner la raison des choses, formuler éventuellement des hypothèses, adopter un regard critique sur la méthodologie).

Fondamentalement, je n’opposerai pas ces deux modes action. Peut-on en effet agir sur le monde sans s’interroger sur les conséquences humaines et donc éthiques de nos actions ?

Oui, on peut le faire, mais ce n’est pas souhaitable. C’est pourquoi il faut encourager une pratique généralisée de la philosophie afin que les populations partagent leurs questionnements partout où cela est possible.
C’est aussi la raison pour laquelle les philosophes ou toute personne qui a eu la chance de suivre quelques études (histoire, économie, sciences, anthropologie…) devraient fréquenter ses lieux publics et y partager leurs savoirs. (On a connu quelques intellectuels notoires qui ont méprisé et snobé la pratique des cafés philo, n’est-ce pas ?)

De là, votre seconde question : quelle aptitude à créer des concepts dans les lieux publics ?

On répondrait par une autre question : faut-il créer des concepts dans les cafés philo, ou ne faut-il pas simplement s’appliquer à s’interroger avec le respect requis sur nos raisons de penser ? Les cafés philo sont avant tout (ils sont supposés l’être) des lieux de partage de nos questionnements respectifs. Ce sont aussi des lieux d’écoute où l’on s’anime du désir attentif de comprendre les idées d’autrui.

Enfin, et pour ne pas faire long, la mise en partage de méthodes et de réflexion sur nos pratiques respectives vont stimuler nos capacités réflexives, et encourager un regard auto critique envers sa propre pratique. Après 15 ans de pratique tout azimut, l’enthousiasme et l’apparent chaos initial commence a produire quelques beaux fruits.